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Quitter mon douillet Canada pour le Vietnam

« C’est au-delà d’un simple stage ou voyage. C’est une expérience pendant laquelle vous allez vivre. Vivre avec un grand V. »

CHRONIQUE ÉCHANGE

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Marianne Bastille-Parent mbast061@uottawa.ca

Quitter mon douillet Canada pour aller vivre et travailler trois mois au Vietnam aura sans l’ombre d’un doute été l’une des expériences les plus mémorables de toute ma vie. Vous savez, le genre d’aventure qui vous transforme pour toute la vie, subtilement mais profondément à la fois.Capture d’écran 2016-03-05 à 18.43.12

Ça faisait longtemps que j’attendais une opportunité de la sorte – une chance de me sortir de ma zone de confort pour vrai. C’est en deuxième année d’université que j’ai pris connaissance de la possibilité d’effectuer un stage à l’étranger dans le cadre du programme combiné en Droit Civil et Développement International et Mondialisation. J’aime croire que le jour où j’ai accidentellement fait cette découverte, mes étoiles étaient alignées.

Au départ, j’étais sensée m’envoler vers le Népal. Les forces de la nature en ont décidé autrement – en raison d’une série de tremblements de terre, mon stage a été annulé moins d’une semaine avant mon départ. Deux jours plus tard, je recevais un appel de mon agence de liaison canadienne qui m’annonçait que je devais commencer à préparer mes bagages …. pour le Vietnam ! Entre un déménagement à Ottawa, les procédures d’obtention de visa de séjour et de travail, l’achat de billets d’avion et les rendez-vous pour les nouveaux vaccins, j’ai à peine eu le temps de réaliser ce qui se passait. Moi qui voulais de l’aventure, j’ai été servie avant même de mettre un pied dans l’avion !

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Sans trop d’attentes, je me suis retrouvée à Dong Hoi, une petite ville côtière non loin de l’ancienne capitale impériale du Vietnam. Tout l’été, j’ai été stagiaire pour l’Association for Empowerment of People with Disabilities, un organisme à but non lucratif dont la principale mission est d’aider les victimes d’accidents causés par les bombes et les mines laissées non explosées en territoire vietnamien après la guerre. Dans le cadre de mon travail, j’ai eu la chance de m’impliquer dans une panoplie de projets plus intéressants les uns que les autres. Notamment, j’ai contribué à la rédaction de demandes de subvention auprès d’agences de développement international des États-Unis, de l’Allemagne, du Japon et de l’Australie, et j’ai effectué des recherches sur la prolifération de certains types d’armes et de munitions qui affectent spécialement les populations civiles. Également, j’ai participé au lancement d’une entreprise à caractère social et j’ai assisté un collègue de Washington qui réalisait un documentaire sur les effets de l’Agent Orange (un défoliant utilisé par l’armée américaine pendant la guerre) au fil des générations. J’ai réellement été privilégiée d’être stagiaire pour un organisme aussi dynamique et visionnaire.

Capture d’écran 2016-03-05 à 18.43.45Je dois toutefois vous avouer que c’est plutôt la vie au Vietnam et les gens avec qui je me suis liée d’amitié qui me manquent encore aujourd’hui. À tous les jours, une nouvelle expérience culturelle m’attendait. Dès la deuxième semaine, une collègue de Toronto et moi sommes emménagées avec une famille vietnamienne qui avait une chambre de libre à la maison. Partager le quotidien de quatre individus qui ne parlaient ni le français ni l’anglais et qui avaient des coutumes différentes des nôtres aura été toute une histoire. Ça n’a certainement pas toujours été simple, mais c’est avec nostalgie que je repense à nos soupers et à nos « semblants » de conversations. Les mots me manquent, et c’est le cas de le dire, pour vous décrire à quel point cela peut devenir cocasse de devoir gestualiser pour converser.

Au bureau, la plupart de mes collègues étaient Vietnamiens, et ils se sont fait un devoir de nous faire connaître leur magnifique culture. J’ai aussi travaillé sur plusieurs projets avec une Torontoise d’origine sud-coréenne et malaysienne et un étudiant de Washington natif du Pérou. Chacun avait son apport culturel à nos projets et à nos activités et je m’estime chanceuse d’avoir pu côtoyer « le monde » à tous les jours.

Et que dire du pays en tant que tel ! Dong Hoi, où je résidais du lundi au vendredi, était un vrai paradis sur terre. C’était une ville suffisamment petite pour que la vie y soit simple et paisible, mais également très vibrante, avec ses plages, ses innombrables restaurants et cafés et son grand marché de fruits, légumes et fleurs. À mon grand bonheur, j’ai disposé de suffisamment de temps pour explorer le pays les fins de semaine. Je peux vous affirmer que le Vietnam est un pays fascinant et éclectique. Dans le Nord, j’ai été complètement séduite par les luxuriantes montagnes de Sapa et l’hospitalité des groupes ethniques qui y vivent. Dans le Sud, ce sont le delta du Mékong et ses marchés flottants ainsi qu’Hô Chi Minh City et sa « street food » qui m’ont charmée. J’ai vu, gouté, senti et entendu tellement de choses étonnantes.

Je tiens à dire que bien que Dong Hoi soit maintenant mon deuxième chez moi, ça n’a pas été rose à tous les jours. Ça m’est arrivé souvent d’en avoir marre des 40 degrés Celsius et de souhaiter qu’une bordée de neige nous tombe sur la tête. La barrière de la langue et l’incomparable Code de la route vietnamien ont aussi été les causes de profondes et récurrentes frustrations. Ceci étant dit, tôt dans l’été, je me suis fait l’immense service d’accepter que ces inconforts feraient partie intégrante de mon quotidien. Capture d’écran 2016-03-05 à 18.44.11Et pour le mieux ! J’ai réalisé qu’il ne faut qu’un pas pour sortir de sa zone de confort. Si les voyages forment la jeunesse, ce sont les voyages les plus dépaysants qui forgent le caractère et qui déclenchent en nous des prises de conscience inattendues.

Quels que soient vos plans dans le futur, je ne peux que vous encourager de vous plonger dans une telle aventure. C’est au-delà d’un simple stage ou voyage. C’est une expérience pendant laquelle vous allez vivre. Vivre avec un grand V.

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