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Moi, toi et les autres

J’ai le rêve, qu’un jour mes quatre petits enfants vivront dans une nation où ils ne seront pas jugés par la couleur de leur peau, mais par le contenu de leur caractère.

– Martin Luther King Jr.

Combattant féroce pour les droits des noirs aux États-Unis, Martin Luther King Jr. proclame cette phrase mémorable lors d’un de ses nombreux discours, dans une époque où la discrimination basée sur la couleur de peau fut chose commune et normalisée. Malheureusement, son actualité renaît de nos jours. En effet, les opinions de certaines personnes sont infirmées en se basant sur leur sexe, leur couleur de peau ou leur religion. Lorsque la question de l’avortement devient d’actualité, par exemple, il n’est pas rare d’entendre de la part des néo-marxistes/libéraux que « des hommes blancs n’ont pas le droit de légiférer sur le corps des femmes », souvent en référence aux partis conservateurs opposés à la pratique de l’avortement. Cet argument est, selon moi, simpliste, dénudé de tout effort intellectuel et n’a aucune place dans un débat sensé. Les gens qui ont recours à de tels propos n’ont pas de base pour soutenir leurs arguments et ne les utilisent que pour pallier leur manque d’information sur un sujet.

            Premièrement, déterminons qui est cet « homme blanc »? Est-ce Trudeau, notre premier ministre, est-ce Monsieur tout-le-monde, père de famille, travaillant qui paye ses taxes et participe pleinement au fonctionnement de notre société? Qui est-il? C’est l’obstacle premier auquel on fait face lorsqu’on commence à diviser les gens selon leur sexe, leur couleur de peau ou leur religion : parle-t-on du groupe au complet ou ne vise-t-on qu’un sous-groupe du groupe principal qui correspond au moule idéologique que l’on a créé? Lorsqu’on apprenait ces dernières années la survenance d’une attaque terroriste perpétrée par un adepte de l’État islamique, on ne se précipitait pas à traiter les personnes de confession musulmane d’extrémistes, ce serait illogique, car ce sous-groupe ne représente en rien les valeurs de la religion musulmane tout entière. Il serait tout aussi juste de prétendre que certains ne doivent simplement pas être nommés de « sous-groupes » tant ils s’éloignent des valeurs du groupe principal. Pourquoi alors est-il accepté d’utiliser la couleur de peau ou le sexe d’une personne comme prétexte pour invalider son opinion?

Si l’on pousse cet argument plus loin, pourquoi ne pas prétendre que seulement les personnes souffrant d’un handicap auraient le droit de légiférer sur des lois facilitant l’accessibilité de ces personnes ou certains programmes de bien-être social à leur endroit? Peut-on aussi soutenir que seulement les personnes homosexuelles pourront légiférer sur les lois les concernant? Devrait-on créer des comités pour chaque couleur de peau différente, pour chaque confession religieuse, pour chaque orientation sexuelle différente? C’est absurde, mais c’est là que mène ce raisonnement qui fractionne les gens en groupes selon des facteurs non pertinents.

 Est-ce que, d’un autre côté, les personnes qui seront touchées par certaines mesures législatives doivent être consultées? Oui, absolument, et c’est souvent le cas. Des comités sont mis en place, des études sont menées et des statistiques sont tenues pour arriver à une conclusion sur les questions qui visent certains groupes en particulier.

De plus, les libéraux ces dernières années ont la tendance de traiter toute personne qui ne partage pas leur opinion de raciste, sexiste ou de néo-nazi, pour n’en nommer que peu. Cette ostracisation de l’opinion contraire n’est pas la voie à emprunter. Ce à quoi on est témoins de nos jours est que les personnes autrefois opprimées deviennent elles-mêmes des oppresseurs.

« J’ai été élevé pour respecter les gens également, peu importe de leur sexe, race, religion ou quel qu’autre différence. On m’a appris que le passé de la race humaine a été défini par la discrimination sous plusieurs formes. Comment peut-on alors respecter l’opinion des auto-proclamés partisans de la diversité lorsqu’eux-mêmes ont recours à ces pratiques autrefois réservées aux racistes et sexistes » dit Niall Ferguson, historien et écrivain écossais, dans une de ses publications. Il rajoute « Ce qu’on voit ici est le sexisme des anti-sexistes, le racisme des anti-racistes. »

Mais comment exactement a pu renaître cette pratique si inacceptable? Dans son livre « 1984 », George Orwell décrivait une société utopique contrôlée par la peur, qui avait comme devise: « La guerre c’est la paix, la liberté c’est l’esclavage et l’ignorance c’est la force. » C’est malheureusement ce qui arrive dans notre vie politique moderne, où les politiciens refusent de remettre en question leurs points de vue et privilégient l’unité de leur parti politique, plutôt que l’intérêt commun de la société à trouver la vérité. Ils s’aveuglent aux idées contraires et restent dans le déni d’une possibilité qu’ils auraient tort sur les questions de l’environnement, l’immigration, les systèmes de bien-être social, etc. « L’ignorance c’est la force » : je ne puis avoir tort, puisque tout le monde pense comme moi.

Finalement, l’on peut résumer que si on divise la population mondiale en groupes, peu importe la nomenclature de ces groupes, que ce soit par religion, par couleur de peau ou orientation sexuelle, dans chaque groupe il y a de fortes chances que l’on trouvera des gens malicieux et des gens avec de bonnes intentions. Nous ne pourrons cependant pas déclarer un des groupes fondamentalement mauvais, car ce type de généralisation fait naître les préjugés. Jugeons l’Homme par son caractère, par ses idées, par ses convictions et valeurs et par les gestes qu’il pose et non par les caractéristiques qu’il ne contrôle pas.

Par Georgi Germanov

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