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L’égo-environnementalisme

Je ne recycle pas. 

Je ne recycle pas et je ne m’en sens pas coupable. Ni les manifestations de Thunberg, qui prétend que je lui ai volé ses rêves, ni le narratif propagé par les médias quant aux conséquences apocalyptiques et inévitables attribuables au changement climatique ne me feront changer d’idée. Ce n’est qu’espoirs vides et actes de pur optimisme que de croire que les choses changeront et que ces manifestations auront un quelconque rôle dans le renversement des dommages causés à l’environnement. 

Je bois mon eau dans des bouteilles de plastique, je prends ma nourriture pour emporter dans un contenant en plastique au restaurant et j’utilise mon véhicule pour me rendre au travail et à l’école. Vos manifestations qui ne servent qu’à flatter votre égo en vous faisant croire que vous avez fait votre part pour la préservation de l’environnement ne me feront pas changer de mode de vie. Au contraire, je continuerai à faire la tête dure et à boire mon eau dans une bouteille étiquetée NestleTM.

Je ne suis pas responsable de la déforestation et de l’exploitation massive des ressources naturelles. Je ne crois pas non plus que le sac de plastique que j’ai acheté hier au magasin sera ce qui fera déborder le vase et fera tomber le monde dans le scénario apocalyptique prédit par les médias. Il est encore moins vrai que le fait que j’aime boire mon Coca-Cola avec une paille (en plastique bien-sûr) sera le fait déclencheur de ce même apocalypse environnemental. 

Non, je refuse de vous accorder droit quant au fait qu’en raison de vos manifestations et de la pression faite sur un gouvernement, vous avez réussi à faire bannir l’usage des sacs de plastique. C’est risible! 

Je ne recycle pas et je ne recyclerai pas jusqu’à ce qu’on réussisse à s’unir et cibler le vrai coupable de la situation. Si ce n’est pas monsieur-madame-tout-le-monde qui prend son véhicule pour aller au travail chaque matin le créateur de l’état dans lequel se trouve notre environnement, alors qui est responsable? Ce sont les fabricants de ces véhicules, c’est l’entreprise qui produit plus que ce qu’elle peut vendre et que nous sommes capables de consommer, uniquement au nom du profit. Ce sont les entreprises A et B et les pays C et D qui vendent et achètent, l’un à l’autre, des quotas de pollution. Comprenez-vous le ridicule de cette réalité? Dans la poursuite incessante de profits, nous avons réussi à transformer notre futur en le mettant en même temps en péril, par sa commercialisation. Finalement, et j’espère que ce prochain passage saura vous éclairer, à blâmer ne sont pas les citoyens ordinaires; tel que le démontre une des nombreuses études au niveau international, ne serait-il pas meilleur de s’attaquer aux 100 compagnies pétrolières responsables de près de 71% de toutes les émissions de gaz à effets de serre au monde? Quelle tactique pensez-vous donnerait de meilleurs résultats? 

Mais, bien sûr, ces compagnies ne peuvent exister par elles-mêmes. Elles ont besoin de catalyseurs, de facilitateurs pour prospérer. Pensez, un instant, aux accros de la drogue. Ils ne peuvent certainement pas consommer sans leur dealer, qui leur fournit la drogue et donc l’opportunité de poursuivre la recherche de ce plaisir instantané, quoiqu’autodestructeur aussi. Il en est de même de ces compagnies pétrolières. Comment font-elles pour vendre de leur produit? En premier, le procédé de vente nécessite que le produit soit transporté à un certain endroit. Comment est-ce qu’on transporte du pétrole? On ne le traîne sûrement pas dans des bidons ou des sceaux. Le transport du pétrole nécessite bien-sûr des pipelines. Et n’est-ce pas les gouvernements qui autorisent la construction de ces tubes d’huile cancérigène? Ce sont ces mêmes gouvernements qui envoient leurs représentants marcher à vos côtés lors des manifestations contre le changement climatique. Une fois que votre égo est assez soulagé, que vous êtes enfin prêts à rentrer chez vous en croyant avoir fait votre part pour la préservation de l’environnement, et vous apprêtant à prendre une sieste bien méritée après avoir mangé votre hamburger végane Beyond MeatTM (parce que l’élevage des vaches ça pollue aussi), ces mêmes représentants vous tournent le dos et approuvent des projets de construction comme le plan d’expansion du réseau de transport pétrolier de Trans mountain. Un effort intellectuel monumental n’est pas nécessaire afin de s’apercevoir qu’ils sont en train de profiter de nous et de notre bonne foi. Mettons notre égo de côté pour un instant et tenons pour responsables ceux qui le sont vraiment. Arrêtons de faire des efforts pour les mauvaises raisons et arrêtons, finalement, de nous faire berner par ces loups dans la peau de moutons. 

Cela étant dit, le but de ce commentaire n’est aucunement de dénigrer les efforts que fait une certaine partie de la population afin de baisser son empreinte environnementale et de mener un mode de vie plus écologique. Mon but est plutôt orienté vers la sensibilisation au problème réel et aux entités qui contribuent réellement à l’aggravation de ce problème, car, croyez-le ou non, ce ne sont pas des lois prohibant l’utilisation des sacs de plastiques (ou pailles, bouteilles et tout autre article fabriqué avec du plastique) qui sont la solution au changement climatique. Il est extrêmement désolant et même frustrant, de voir toute l’énergie consacrée à l’organisation de manifestations contre le changement climatique être gaspillée, par le fait que l’on se contente de lois ne servant qu’à apaiser la frustration du peuple face à l’inaction gouvernementale. 

Je ne sais pas pour vous, mais moi je ne crois pas avoir volé les rêves de quiconque.  

Georgi Germanov

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