Le rôle des jeunes avocats dans les dossiers d’envergure

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Laura Nagy

lnagy026@uottawa.ca

Le 21 novembre dernier, nous avons eu la chance d’assister à un midi-conférence dans le cadre des activités liées à la course aux stages. Me Patrick Plante et Me Marc Unger, avocats en litige commercial chez BLG et anciens de l’Université d’Ottawa, ont témoigné de leur expérience et leur rôle en tant que jeunes avocats au sein de dossiers d’envergure et ont répondu aux interrogations brûlant les lèvres des étudiants.

BLG représente présentement les entreprises de tabac poursuivies pour cause de dépendance et de maladies liées au tabagisme, recours collectif en cours depuis 185 jours. Le dossier contient au moins un million de pages de documents et 500 procédures pour une réclamation de 30 millions de dollars. Il peut parfois s’avérer difficile de se repérer et les documents sont parfois parsemés d’erreurs ou de manquements.

Patrick nous confie que plus le dossier est grand, moins ils ont le contrôle sur la gestion du dossier et leurs tâches. Les étudiants sont moins impliqués au niveau des questions de faits car leur présence nouvelle dans les dossiers peut parfois causer des confusions. Selon lui, les étudiants qui se démarquent  sont ceux qui non seulement complètent leur mandat mais qui posent les bonnes questions pour comprendre le sens du dossier.

L’apprentissage requiert beaucoup de recherche, première phase très importante, car la connaissance du droit est la base d’un bon avocat. Le second volet couvre la communication avec les clients, collègues et avocats des autres parties. La technologie nous permet maintenant de signifier des procédures à l’aide de courriels, ce qui demande beaucoup d’organisation et la capacité d’établir les priorités pour gérer et répondre aux centaines de courriels par jour, tout en tenant compte des délais.

Les jeunes avocats nous confient que le succès des avocats dépend souvent de la préparation des témoins. Les plus gros dossiers remontent souvent loin dans le temps et il peut être difficile de se fier à la mémoire d’un témoin relatant à des faits d’il y a 50 ans. Il est important de mettre les éléments pertinents en preuve. On ne peut pas mettre les réponses dans la bouche du témoin, il est donc important de bien les préparer.

Un avocat avec lequel on aura développé de meilleures affinités contribuera à régler un dossier rapidement et efficacement. Marc nous fait part de la difficulté à faire affaire avec un avocat d’une partie adverse déterminé à nous faire vivre un véritable enfer. Le défi sera la négociation de bêtises qui ne devraient même pas être négociées en principe.

En principe, malgré qu’un avocat soit un entrepreneur et non un employé, le rôle du jeune avocat n’est pas d’amener des nouveaux clients au cabinet, mais plutôt de maintenir le lien de confiance avec ceux des avocats seniors. Marc et Patrick mettent toutefois l’accent sur l’importance du  développement professionnel et du maintien du réseau naturel qu’on a souvent tendance à négliger. Nos collègues présents évoluent avec le temps et nous risquons d’avoir besoin d’eux éventuellement…

La pratique du droit n’est pas comme un examen : on ne recherche pas la BONNE réponse mais celle qui convient aux besoins du client. Si le droit ne concorde pas avec sa demande, il faut tenter d’aller chercher tout ce qui est possible pour le client en s’assurant de bien le recommander et lui faire part des conséquences potentielles. On ne peut baisser les bras en constatant que « la Cour suprême a tranché et il en est ainsi ». Il faut garder à l’esprit le facteur humain des collègues, des clients et même du juge. Parfois, une injustice viendra interpeler le juge par rapport à l’équité, malgré le côté duquel le droit penche.

Crédit photo: Laura Nagy

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