La vapoteuse…réellement moins nocive que la cigarette?

La cigarette électronique, aussi appelée la «vapoteuse», a été inventée en 2003 par le pharmacien chinois Hon Lik. Ayant comme but ultime de réduire l’usage de la cigarette classique, nous pouvons voir suite aux nombreuses recherches scientifiques, que cette fameuse vapoteuse ne correspond pas réellement à ce que l’on croit.

Toute la crise en lien avec le vapotage a débuté au Wisconsin, aux États-Unis, en juillet dernier. C’est effectivement à ce moment-là que des enquêtes ont été entamées suite à la réception de rapports inquiétants. Au mois de septembre, douze mort et 805 cas de lésions pulmonaires ont été rapportés par le CDC (Centers for disease control and prevention) aux États-Unis, et ce, depuis le début de l’été 2019. Les statistiques reliées à ces cas démontrent que 62% de ces patients ont entre 18 et 34 ans, alors que 16% de ceux-ci ont en bas de 18 ans.

Mais qu’est-ce qu’il y a de dangereux dans les vapoteuses? 

Plusieurs soupçonnent la présence de vitamine E dans les cigarettes électroniques. En effet, cette huile de vitamine E serait ajoutée dans les recharges de cannabis des vapoteuses. La vitamine E n’est pas une substance dangereuse lorsqu’elle est utilisée sur la peau ou lorsqu’elle est ingérée. Par contre, elle s’avère nocive lorsqu’elle est inhalée. Cette huile a été retrouvée dans des échantillons de poumons extraits de 29 patients hospitalisés en raison de problèmes pulmonaires causés par le vapotage. En plus du THC et de l’acétate de vitamine E, la vapoteuse contient également des additifs, des diluants, ainsi que des arômes, ayant des effets sur la santé que l’on ne maîtrise pas en encore.

La présence des vapoteuses dans les écoles secondaires du Québec

Le vapotage serait rendu tellement populaire au Québec que les étudiants du secondaire en feraient usage même en salle de classe. Annie Montreuil, chercheure à l’Institut nationale de santé publique du Québec affirme: «On est très préoccupés de suivre l’évolution de l’usage des produits de vapotage chez les jeunes, car la nicotine y est très concentrée. La dépendance survient très rapidement et c’est sous-estimé chez les jeunes».

Réglementation actuelle

En novembre 2015, le Québec a adopté une loi concernant la lutte contre le tabagisme. Elle assujettit la cigarette électronique qui contient ou non de la nicotine aux mêmes dispositions que les produits du tabac en ce qui concerne la vente, la promotion, la publicité et les lieux d’usage. Cette loi interdit la vente de cigarettes électroniques aux personnes de moins de 18 ans, la vente en ligne de cigarettes électroniques, la publicité en faveur des cigarettes électroniques (à l’exception d’une publicité diffusée dans des journaux ou magazines dont au moins 85 % des lecteurs sont majeurs), l’étalage des cigarettes électroniques dans les points de vente accessibles aux personnes de moins de 18 ans, l’accès aux boutiques spécialisées de cigarettes électroniques aux personnes de moins de 18 ans et l’utilisation des cigarettes électroniques dans les endroits où il est interdit de fumer.

Au Canada, la cigarette électronique est encadrée par le gouvernement fédéral en vertu de la Loi sur le tabac et les produits de vapotage, qui est entrée en vigueur en mai 2018. Elle interdit la promotion d’arômes attrayants pour les jeunes et  l’utilisation de certains ingrédients dans la fabrication. De plus, elle élabore des règles concernant l’étiquetage des produits et des emballages et établit les limitations de la publicité et de la promotion.

Malgré ces réglementations, plusieurs croient que Santé Canada devrait en faire plus. En effet, la porte-parole de la Coalition québécoise pour le contrôle du tabac affirme que Santé Canada devrait en faire davantage pour limiter le marketing. Malgré le projet de loi S-5 qui a été adopté en mai 2018 et qui avait notamment pour but de prohiber la promotion de cigarette électronique attrayante pour les jeunes, des multinationales ont continué à faire des publicités télévisées non conformes.

Santé Canada aurait prévu de faire des consultations pour adopter de nouvelles mesures législatives, mais selon Neil Collishaw, directeur à la recherche chez Médecins pour un Canada sans fumée: « Pour beaucoup de jeunes, ce sera trop peu, trop tard : des dizaines de milliers d’entre eux deviendront dépendants à la nicotine d’ici l’entrée en vigueur d’une nouvelle réglementation ».

Le cas d’une jeune fille ayant voulu sensibiliser le public aux vapoteuses:

Lorsque je défilais sur instagram, j’ai trouvé une publication très touchante d’une jeune fille (@simahherman). Le vapotage l’a conduit à l’hôpital et elle a dû être mise dans un coma induit médicalement. Son malaise avait commencé deux semaines avant son hospitalisation, alors qu’elle commençait à éprouver de la difficulté à respirer. Elle souffrait d’insuffisance respiratoire, et les médecins lui ont dit que s’ils ne l’avaient pas découvert à temps, elle serait décédée en peu de temps en raison du vapotage. Dans sa publication, elle dénonce le fait que les publicités de vapoteuses portent à croire que celles-ci représentent une alternative plus saine à la cigarette, ce qui est faux.

 

 

 

 

 

Sous la foulée de maladies et même de décès causés par le vapotage, il est donc difficile de dire s’il s’agit réellement d’une alternative plus avantageuse que la cigarette classique.

Par Gabriela Mekhael

 

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