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Droit notarial

Jade Berthel-Peddle et Patricia Fortin-Boileau ont troqué le Barreau pour le notariat : pourquoi?

*Cet article a été créé en collaboration de Me Berthel-Peddle et de Me Fortin-Boileau du cabinet PME INTER notaires. 

Mes Berthel-Peddle et Fortin-Boileau ont vu leur rêve de devenir avocate se réaliser au cours de la dernière décennie. Elles oeuvraient dans différents domaines de la pratique contentieuse, mais aujourd’hui elles travaillent dans un cabinet de notaires. 

Me Fortin-Boileau y travaille en tant qu’avocate auprès de Me Michèle Lafontaine dans le domaine du droit commercial (les financements ou vente d’entreprise, plus précisément) et Me Berthel-Peddle y travaille comme notaire essentiellement en droit immobilier et agricole. 

Il y a quelques jours, j’ai eu la chance de m’entretenir avec elles et je suis d’avis que leurs différents parcours pourraient guider la majorité d’entre vous vers une décision plus éclairée quant à votre choix de carrière. Voici pourquoi : 

« C’était écrit dans le ciel » 

Plusieurs d’entre vous peuvent rejoindre Me Berthel-Peddle en rêvant dès le plus jeune âge de faire son barreau pour devenir avocate. Cette dernière qui est la dixième juriste dans sa famille a, elle aussi, toujours voulu être avocate depuis qu’elle était très jeune. Elle a toujours été baignée dans l’atmosphère du droit; c’était effectivement « écrit dans le ciel ».

Après avoir fait son barreau, elle a travaillé avec sa mère en droit civil et particulièrement en droit de la famille. Elle a réalisé qu’elle n’aimait pas la profession. Elle a alors changé de cabinet pour essayer de trouver d’autres défis, mais elle n’aimait toujours pas cela. 

Elle a alors parlé de sa situation à un de ses amis notaires et elle n’avait jamais vu quelqu’un parler de sa profession avec autant d’étoiles dans les yeux. Voir quelqu’un qui aime son travail à ce point-là lui a permis de penser à possiblement faire une réorientation de carrière et c’est ce qu’elle a fait. Elle a fait sa maitrise en droit notarial, qui dure 1 an et demi (8 mois + 6 mois de stage comme le barreau) et est devenue officiellement notaire en 2019.

Le côté contentieux de représenter les intérêts d’un client n’était pas fait pour elle. « Quand on est notaire, on représente toutes les parties autant que ce soit le créancier ou que ce soit nos clients », m’a-t-elle confié. Un notaire est un officier public, il ne cherche à convaincre personne : il est là pour éclairer ses clients et pour assurer que le travail à faire est juste pour toutes les parties. Il ne peut pas se ranger du côté de son client au détriment d’une autre partie. Contrairement à un avocat qui doit chercher à faire gagner son client, la responsabilité du notaire est concentrée davantage sur la recherche du bien commun. Elle, tout comme sa consœur, Me Fortin-Boileau, s’est grandement retrouvée dans cet objectif.  

« Je ne me connaissais pas autant qu’en ce moment. On est très jeune quand on doit prendre ces décisions-là. »

Me Patricia Fortin-Boileau

Quand nous arrivons à l’université, après avoir traversé les différentes étapes scolaires, personnelles et professionnelles, nous pensons bien nous connaître et savoir ce qu’on veut faire dans la vie. Nous arrivons souvent avec un chemin déjà tracé même si nous gardons toujours une certaine ouverture. Nous avons tendance parfois à oublier que nous sommes toujours très jeunes et que l’expérience (aussi incroyable soit-elle) que nous possédons n’est pas forcément une expérience dans le domaine juridique. Nous sommes dans un terrain partiellement exploré (et ce seulement qu’en théorie) et où il reste encore beaucoup à apprendre dans la pratique.  

Les métiers d’avocat et de notaire se ressemblent beaucoup et se distinguent essentiellement par le fait que l’un peut aller en cour et l’autre non. Il est facile de se perdre dans cette limite si nous n’avons pas l’opportunité d’aller sur le terrain avant notre entrée officielle dans le marché du travail. « C’est pour cela qu’on fait des entrevues, comme on le fait en ce moment, pour ne pas être obligé de faire tous ces détours-là. », m’ont-elles affirmé. 

Nous sommes tous dans le même bateau

Lorsque je leur ai demandé s’elles trouvaient que la profession notariale était assez promue dans les facultés de droit civil, elles ont souligné qu’il y a eu plusieurs progrès à ce niveau ces dernières années depuis leur graduation, mais que le notariat reste encore sous représenté dans les facultés. 

Derrière toute la compétitivité de la course au stage, derrière les nombreuses et pertinentes présentations des juges de la Cour Suprême, les étudiants sont très majoritairement enclins à se tourner vers de la pratique contentieuse. De plus, peu de professeurs sont ici notaires de formation alors que plusieurs autres professeurs sont avocats de profession et même certains d’entre eux enseignent ou ont enseigné au Barreau.  Les étudiants n’ont donc pas autant accès à la connaissance ni à l’expérience d’un professionnel du notariat directement au sein du corps professoral. Dans ce contexte, il peut être difficile de prendre du recul et de regarder à l’extérieur de ce moule. Il est alors difficile de réaliser que le notariat est aussi une profession juridique tout aussi intéressante qui a ses avantages et ses inconvénients tout comme le métier d’avocat.  

Un notaire peut faire une demande introductive d’instance si le dossier n’est pas litigieux, un notaire peut travailler pour une institution financière ou un autre organe gouvernemental ou municipal. Un notaire est aussi un expert en prévention et peut faire de la médiation civile, commerciale et familiale, de la négociation, de l’arbitrage et plus encore.  Il y a plusieurs choses que le notariat peut nous offrir selon le champ de spécialisation. Je vous invite donc à ouvrir votre Code civil bleu, cadeau de la Chambre des notaires en début de session, à sa première page1 et d’y découvrir les nombreux attraits de cette magnifique profession!   

1 Code civil du Québec (2021-2022), distribué par la Chambre des notaires du Québec (Édition Wilson & Lafleur)

« Peu importe le métier que vous choisissez, que ce soit notaire ou avocat, vous allez travailler sous beaucoup de pression. Donc, ce que l’école va vous apporter durant votre parcours professionnel, c’est la gestion du stress et des priorités. », m’ont-elles exprimé. Peu importe la voie que nous prendrons à la fin de notre bac, nous ferons relativement face aux mêmes enjeux. Nous serons tous des juristes, malgré nos différences.

Prendre une décision professionnelle éclairée

Si elles ont un conseil à vous donner, c’est d’essayer. C’est important de faire une introspection sur soi-même et de ne pas juste écouter les autres. C’est important de baser nos décisions sur notre propre perception de notre propre futur plutôt que sur comment nous serions censés nous sentir.  

La meilleure façon d’y arriver, c’est de travailler avec un notaire ou avec un avocat parce que leur quotidien n’est pas toujours représentatif de ce que l’on apprend à l’école. Aussi, c’est de partager à cet avocat ou à ce notaire vos intérêts. Ces derniers peuvent devenir de vrais mentors dans vos cheminements et pourront mieux vous conseiller/aider si vous vous ouvrez un peu plus à eux. Ils pourront également vous montrer directement la réalité du quotidien de votre champ d’intérêt.  

Il faut profiter du temps que vous avez entre ces murs pour faire votre choix, il faut l’utiliser intelligemment pour prendre une décision éclairée et basée sur vos propres vocations professionnelles. 

Conclusion

Nous sommes jeunes, passionnés et je suis convaincue que chacun d’entre nous est actuellement en droit en ayant de bonnes intentions. Mais, avec nos nombreux et divers projets professionnels, nous devons toujours nous demander : « quel est le meilleur moyen, selon qui je suis, selon mes forces et faiblesses, pour les achever? ». Dans les métiers traditionnels, plusieurs tendent naturellement à croire que le métier d’avocat est le moyen par excellence pour assouvir un désir inné de justice. La pratique notariale l’est aussi. Le terme « par excellence » dépend de nous et de nos propres volontés. Le moyen ne doit pas être fixé par ton entourage, ni par la majorité ou par ce que tu as cru vouloir faire toute ta vie, mais par ce que tu voudras faire demain. 

Il est si facile de se perdre dans la mêlée que mon seul souhait est que, peu importe où la vie vous mènera, vous resterez toujours vous-mêmes et à votre place.

Le nom de l’étude est Gagné Isabelle Patry Laflamme & Associés, membre du réseau PME INTER Notaires. Elle a été fondée en 1976. Nous soulignons donc 45 ans d’existence cette année. Nous avons 4 places d’affaires : Gatineau, Aylmer, Shawville et Buckingham. Pour en savoir plus sur une carrière au sein de notre étude, visitez www.pmegatineau.ca/carriere/

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