Du bac au dépotoir : la gestion des déchets

CHRONIQUE EN DROIT DE L’ENVIRONNEMENT

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Camille Lanthier-Riopel clant066@uottawa.ca

Parler de « vidanges » ce n’est peut-être pas glamour, mais c’est nécessaire. Collectivement, nous n’avons aucune idée de l’importance des déchets que nous produisons, de qui s’en occupe et des conséquences de la gestion de toute cette matière. Voici donc quelques points de réflexion sur la question.

Le poids de nos déchets

En 2010, le Canada a produit environ 25 millions de tonnes de déchets non dangereux. De ces déchets, environ 37 % provenaient de nos résidences. Au Québec, en 2012, on a évalué la moyenne à 274 kg par personne. Cette quantité semble énorme et elle l’est surtout quand on constate que la moyenne des matières recyclées ou compostées atteint à peine 236 kg. On jette donc encore beaucoup plus que l’on recycle malgré toutes les publicités et les incitatifs au recyclage.

Qui s’occupe de nos poubelles 

Les administrations publiques locales (villes et municipalités) s’occupent en partie de la gestion des déchets. Ils se chargent principalement de la collecte et du transport, mais aussi de certaines installations d’élimination, de recyclage et de compostage. Cependant, celle qui profite le plus de la gestion de nos déchets, c’est l’entreprise privée. Le profit total s’élève à 6 milliards de dollars au Canada, environ 1,1 milliard seulement au Québec. Bien que la majorité des sites d’enfouissement soient publics, les 75 à 80 % des déchets sont gérés par quatre grandes entreprises (dont deux américaines) qui possèdent les cinq plus grands sites du Québec. Elles profitent de tarifs peu élevés payés par les municipalités et de la réglementation peu restrictive pour faire du profit, beaucoup de profit. On peut faire de l’argent avec tout, même la pollution.Avril - Camille - Environnement

Le contenu de nos bacs de recyclage

En 2012, les centres de tri ont exclu 87 000 tonnes de matières qui étaient impropres au recyclage. Ce qui est impropre au recyclage sera expédié aux sites d’enfouissement. Quant à ce qui est recyclable, on estime à 970 000 tonnes les matières recyclables qui ont été vendues et expédiées en ballots à des conditionneurs, recycleurs ou courtiers dont la moitié n’est pas au Québec. Par contre, même sur cette quantité, certains ballots n’atteignant pas les standards de qualités des entreprises seront rejetés… et finiront eux aussi au dépotoir. On a aussi estimé que 39 000 tonnes de verre s’y retrouvent elles aussi faute d’acheteurs prêts à les récupérer.

L’agrandissement des sites d’enfouissement

L’agrandissement des sites est une exploitation qui doit être soumise à la procédure d’évaluation environnementale en vue d’obtenir un certificat d’autorisation encadrant les travaux et les impacts du projet en vertu de la Loi sur la qualité de l’environnement et du Règlement sur l’évaluation et l’examen des impacts sur l’environnement.

Des pistes de solutions?

Certaines disent qu’il faut « nationaliser » la gestion de nos déchets dans un souci de responsabilité sociale et environnementale. Bien qu’une telle option nécessiterait des investissements massifs en infrastructure, il créerait aussi de nouveaux emplois au Québec en plus de nous permettre de gérer de façon plus cohérente l’élimination et la récupération de nos déchets.

De toute évidence, il faut aussi continuer à éduquer la population sur la question. La surconsommation, le suremballage et la mauvaise connaissance de ce qui peut être recyclé ou non rendent le recyclage moins efficace et engorgent les sites d’enfouissement.

Sont aussi méconnus les Écocentres où peuvent être recyclés, récupérés, réutilisés ou sécuritairement disposés de différents biens qui ne devraient pas être mis dans les poubelles. Ces centres acceptent notamment les appareils électroniques et les électroménagers, les rebuts métalliques, la peinture, les matériaux de construction et plusieurs résidus domestiques dangereux (piles, bombonnes de propane, chlore, ampoules, etc.).

En somme, comme en toute chose, l’implication citoyenne est la clé que ça soit au sein des comités municipaux qui s’occupent de la gestion locale des déchets ou en demandant que soient tenues des audiences auprès du BAPE pour tout nouveau projet de site d’enfouissement ou toute demande d’agrandissement de ceux-ci.

Les données présentées ont été recueillies sur les sites et dans les documents disponibles auprès de Statistiques Canada, le ministère du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte aux changements climatiques et de Recyc-Québec.

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