La course aux stages : mon expérience

CHRONIQUE EN DROIT DES ANIMAUX

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Ève Poulin-Goudreau epoul040@uottawa.ca

La course aux stages… Différentes personnes vous donneront différentes opinions, ayant eux-mêmes vécus différentes expériences. Certains diront qu’il s’agit d’un évènement discriminatoire qui n’est valable que si l’on a une moyenne de A ou un C.V. hors du commun. D’autres plaideront qu’il faut avoir des connections dans le domaine pour « infiltrer » le système. Toutes sortes d’épouvantes entoure cette coutume juridique/légale, mais à vrai dire, ce qu’on en retire dépend de la perception adoptée. Prenons-moi, par exemple. J’entame ma quatrième année à l’Université d’Ottawa en Droit civil et Développement international et j’ai décidé de refaire la course aux stages malgré l’insuccès de l’an passé. Pourquoi? Parce que bien que j’aie eu la désagréable impression qu’on m’a fermé la porte au nez, l’expérience globale que j’en ai retiré était en fin de compte nécessaire à mon développement personnel et professionnel. Effectivement, j’ai maintenant une garde-robe de base qui m’évite des stress inutiles quand vient le temps de me préparer pour un évènement. J’ai aussi une bien meilleure idée des discussions à entretenir avec les avocats, que ce soit au sujet de la course aux stages ou de la pratique juridique en tant que telle. Comme l’explique Pierre Arcand, recruteur juridique chez Arcand et associés, la course aux stages permet « l’apprentissage d’un processus d’embauche, l’opportunité de discuter avec des professionnels des différentes facettes du droit, l’acquisition de connaissances sur les différents cabinets et leurs champs d’expertise, l’acquisition d’expérience de l’entretien et la possibilité d’obtenir un stage de qualité ».

Mais qu’est-ce que la course aux stages exactement? Selon moi, la course aux stages comprend deux étapes qui, bien que complètement différentes, s’emboîtent merveilleusement. D’abord, c’est l’étude en prévision de l’examen. Or, cette étude est incomparable aux bancs d’école habituels en ce qu’elle est plaisante, festive et harmonieuse tout en étant éducative. Il s’agit de cocktails, de midi-conférences, d’étude de dossiers prestigieux auxquels les cabinets ont eu la chance de prendre part, de speed dating, de vins et fromages, de thés et cupcakes et de pleins d’autres activités plus amusantes les unes que les autres. D’une part, bien s’habiller, bien parler, bien se tenir; ce sont là des habitudes que la majorité d’entre nous sommes aisément capables d’entretenir, mais que nous n’avons pas toujours la chance de mettre en pratique en tant qu’étudiant à temps plein. Eh bien, les activités découlant de la course aux stages offrent la possibilité de développer son sens du professionnalisme en prévision des entretiens formels que requerra l’entrée sur le marché du travail. Que ce soit dans le cadre de la course aux stages ou non, l’acquisition d’un emploi nécessite habituellement des entrevues préalables. Il est alors très éducatif de discuter avec des recruteurs qui sont experts en la matière et qui ont des conseils utiles à toute recherche d’emploi. Ce sera peut-être l’opportunité de dénicher de précieux contacts. D’autre part, ces activités sont le parfait moyen de s’informer autant sur les cabinets que sur la profession d’avocat. C’est le temps de poser des questions et de comprendre ce que chaque cabinet recherche chez un stagiaire. C’est aussi le moment de voir si la profession de juriste en cabinet privé est vraiment ce qui vous intéresse.

Déc - Ève Poulin - ADAUO

Une fois l’étude finie vient le temps de l’examen. On choisit les cabinets qui nous intéressent et on envoie le curriculum vitae, la lettre de présentation et les relevés de notes des années antérieures. Les dés sont lancés! La tension monte; on attend impatiemment que le téléphone sonne. Un, deux, trois appels; let the games begin! D’abord, conserver son calme est primordial. Si on ne reçoit pas d’appel, ce n’est pas grave. On apprend énormément de cette expérience et il existe bien d’autres moyens d’entrer sur le marché du travail. On peut même la refaire l’an prochain. Par contre, si l’on reçoit des appels, il faut être pragmatique, étudier chacun des cabinets en question et comprendre qu’on n’est pas sorti du bois. C’est alors que les entrevues commencent. Certains cabinets font trois rondes d’entrevues, d’autres deux, et d’autres encore n’en font qu’une. Lors de ces entrevues, les avocats veulent savoir trois choses : (1) vous voulez travailler avec eux, (2) vous être capable de faire le travail requis et (3) ils se voient travailler avec vous. Habituellement, si vous vous rendez à cette étape, le deuxième volet est établi. Vous devez alors vous affairer à remplir les premier et dernier volets : le fameux fit dont tout le monde parle. Les entrevues terminées, la balle change alors de camp. Alors qu’il était à vous de charmer le cabinet, il est maintenant à ce dernier de vous garder dans ses filets de velours. Les soupers et cocktails séduisants débutent et c’est alors à vous de voir lequel des cabinets sera le meilleur tremplin pour amorcer votre carrière.

Pour tout dire, même si vous ne comptez pas appliquer pour la course aux stages, il vaut vraiment la peine de participer aux événements organisés spécialement par les cabinets.

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