PARIS | Mobilité = opportunité

CHRONIQUE ÉCHANGE

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Afton Maisonneuve amais083@uottawa.ca

Pendant mes études universitaires, j’ai eu l’occasion de partir en stage à l’étranger deux fois. La première dans le cadre de mon baccalauréat en développement international et mondialisation et la seconde, dans celui d’un stage coop en droit, que je fais présentement. D’abord, je peux vous assurer que le fait de travailler – et vivre – à l’étranger change une personne, et ce, naturellement, pour le mieux.

Sans entrer trop dans les détails, mon premier stage était à Bobo-Dioulasso au Burkina-Faso dans une microentreprise qui produit et vend des mangues séchées pour soutenir les veuves et orphelins du VIH/SIDA. On me demande souvent  pourquoi j’ai choisi le Burkina-Faso, quand j’aurais pu choisir parmi d’autres destinations plus exotiques telles que Tahiti, la République Dominicaine ou le Brésil. Je réponds toujours la même chose : « J’ai demandé à être envoyée où on avait le plus besoin de moi».Capture d’écran 2015-11-06 à 19.11.06

En principe, j’étais conseillère en marketing et commercialisation, mais en arrivant, je me suis rendu compte très vite qu’il y avait bien des lacunes à traiter avant de franchir l’étape de commercialisation des produits de la microentreprise. Pour n’en nommer que deux, il leur manquait un ordinateur avec logiciel pour effectuer les comptes et il fallait établir des standards d’efficacité et de salubrité dans leur usine de production. J’avais quatre mois seulement, mais nous avons réussi à établir des liens avec des imprimeries, des vendeurs locaux et des fournisseurs de transport pour exporter des mangues à l’étranger. Ce n’était pas facile mais j’étais là pour travailler et relever les défis.

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Aujourd’hui, je réalise que j’étais jeune et que c’était le moment parfait pour ce type d’aventure dans ma vie. Sept ans plus tard, je sais ce que je veux et ce qu’il faut pour l’avoir. C’est pour cela que je suis présentement à Paris. Mon présent stage est dans le cadre du programme coop. Je suis dans un cabinet d’avocats qui pratique en droit international public et qui est spécialisé dans le droit d’asile et le droit des réfugiés.

Le matin où je suis arrivée à Paris, je me suis présentée au cabinet dans le centre de Paris au 7e arrondissement avec mes bagages, habillée en Lululemon, hoodie des Gee-Gees et Birkenstocks. Je ne savais toujours pas où j’habiterais (le cabinet s’est occupé de mon hébergement) et je n’avais d’autre choix que de me présenter en personne. La réceptionniste m’a souhaité la bienvenue et m’a dirigée vers la bibliothèque en attendant le responsable. Celui-ci est arrivé quinze minutes plus tard. C’était un des deux associés du cabinet, avocat très renommé, ancien membre du Conseil d’État ainsi que de la Légion étrangère. Jovial et heureux, avec sa pipe en bouche, il me tend la main et me demande si j’aimerais l’accompagner à une audience devant le Conseil d’État pour plaider une question préliminaire. « Oui, bien sûr, mais est-ce vous me donnez cinq minutes pour me changer? »

Je n’avais dormi qu’une heure et demie, mais après un wardrobe change et une quantité suffisante de déodorant, j’étais prête à l’accompagner. Il m’a donné un document de 30 pages à lire pour me familiariser avec le litige. En route vers la Cour, dans sa voiture privée, sa pipe toujours en main, il me donne un briefing des faits en cause. Une fois à la Cour, dix minutes passent avant qu’il soit appelé à plaider. Il plaide pour un total de 45 secondes. C’est incroyable!Capture d’écran 2015-11-06 à 19.08.42

Une semaine plus tard, on apprend qu’il a gagné la cause. « Très bien Afton! Vous m’avez apporté de la chance! » dit-il. « Ouais, j’ai apporté du déo, en tout cas… » que je me dis…

Le travail est incroyable et très différent de jour en jour. Je me retrouve parfois perchée à mon bureau pendant 10 heures sans arrêt pour rédiger des référés-libertés pour des demandeurs d’asile qui ont vu leur demande refusée. D’autres jours, je me retrouve à la préfecture de Paris pour accompagner des demandeurs d’asile avec un huissier pour enregistrer les refus en préparation d’une contestation devant le tribunal administratif. Le lendemain, je suis en audience à la Cour nationale du droit d’asile. Je rédige plusieurs mémoires, notes complémentaires et notes de recherche pour des dossiers d’asile de demandeurs syriens ou afghans et ça ne fait même pas deux mois que je suis là.

Donc, après deux stages internationaux, je me permets d’en venir à cette conclusion: Mobilité = opportunité.

Ne vous limitez pas géographiquement. Il y a plusieurs opportunités d’échange et de stages disponibles à l’Université d’Ottawa. En plus de gagner de l’expérience pratique dans votre domaine d’étude, les stages vous permettent de vivre une expérience personnelle qui aura un grand impact sur votre vie au niveau conscient et inconscient.

Depuis mes stages, j’apprécie toutes les choses que j’avais prises pour acquises avant de partir et qui ne m’ont pas suivie à l’étranger. Entre autres, ma famille et mes amis. Au Burkina-Faso, l’internet et de la viande grasse (vous devriez voir la maigreur des vaches…). Aussi, je vous lance le défi de trouver du beurre de peanuts en France.

De plus, j’ai découvert plusieurs choses qui me sont maintenant des incontournables dans la vie: l’écriture (selon moi la meilleure façon de déstresser), la lecture, le bénévolat, les fruits frais, les petits pois (j’en ai tellement mangé que vers la fin de mon séjour au Burkina Faso, les propriétaires de restaurant m’appelaient « petit pois ») et la valeur d’une bonne baguette tradition avec saucisson sec.

Du coup, je vous lance le défi: sortez de vos zones de confort et embarquez pour l’aventure. Peu importe où vous vous trouverez, je vous assure que l’expérience à l’étranger vous transformera positivement!

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Author: Administrateur

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1 Comment

  1. Afton, quel excellent article. Maintenant que je tourne 60 ans, et que je pense à une retraite, je me trouve souvent a penser qu’il manque de quoi à mon épanouissement personel.
    Pouvoir partir à l’étranger afin d’augmenter mes connaissances en faisant des stages à divers entreprises serait un rêve.
    Tout ce que je sais, il manque de quoi dans ma vie, un sentiment d’accomplissement.

    Profite de toutes les occasions,

    Lise

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