Justin Trudeau : de professeur d’art dramatique à… Premier ministre du Canada!

CHRONIQUE POLITIQUE

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Anthony Delisle    adeli013@uottawa.ca

Qui l’eût cru? Après une longue campagne électorale de 78 jours et alors que son parti était troisième dans les intentions de vote durant de nombreuses semaines, Justin Trudeau a réussi l’exploit d’envoyer une délégation majoritaire d’élus libéraux à la Chambre des communes. Je l’affirme d’emblée; si la possibilité de former le gouvernement semblait bien réelle à quelques jours du vote, jamais je n’aurais pu penser que le Parti libéral du Canada (PLC) remporterait une majorité de sièges, et certainement pas de façon aussi convaincante. D’ailleurs, si vous aviez promis un gouvernement libéral majoritaire au début de la campagne électorale, on vous aurait probablement enfermé à l’asile. Retour sur une élection riche en surprises.

Liberal Member of Parliament Justin Trudeau celebrates after defeating Conservative Senator Patrick Brazeau during their charity boxing match in Ottawa March 31, 2012. REUTERS/Chris Wattie (CANADA - Tags: SPORT BOXING POLITICS)

Photo: Chris Wattie, Reuters

Le PLC de retour au sommet du « plus meilleur pays au monde »

            Près d’une décennie après la défaite des libéraux de Paul Martin, le PLC est de retour à la tête de l’exécutif. Justin Trudeau devient, à 43 ans, le 23e Premier ministre du Canada. Ses atouts principaux? Son programme, ses qualités de gestionnaire? Non; une machine libérale bien huilée, un charme indéniable ainsi qu’un nom de famille légendaire. D’ailleurs, alors que le phénomène est familier aux États-Unis (Kennedy, Bush, Clinton), c’est à se demander si nous n’assistons pas à la naissance d’une dynastie canadienne portant le nom Trudeau.

Néanmoins, Justin Trudeau a su s’imposer comme LE parti progressiste au Canada. De plus, contrairement à Stephen Harper, il semble établir une réelle connexion avec le peuple, comme en font foi ses nombreux bains de foule. L’homme incarne le changement, le réel changement, et si on en croit l’ancien chef du Parti progressiste-conservateur et Premier ministre Brian Mulroney, Justin Trudeau a plus de contenu qu’on ne le pense.

« Bonsoir, il est parti! »

            C’est cette fameuse phrase de Rodger Brulotte, commentateur sportif, qui m’est venue à l’esprit lors de l’annonce d’un gouvernement libéral. En effet, Stephen Harper a, le soir même, annoncé sa démission en tant que chef du Parti conservateur du Canada (PCC). Cependant, il laisse un PCC, future opposition officielle à la Chambre des communes, en bien meilleur état financier que lorsqu’il y a été mené à sa tête, en 2004. N’oublions pas qu’il est l’un des instigateurs de l’union des partis de la droite canadienne qui, autrefois, se divisaient le vote conservateur. Il a accompli un travail colossal à la tête du pays; reste maintenant à savoir si cette empreinte sera perçue négativement ou positivement dans les années à venir.

« Le crash orange »

            Le lendemain de veille électorale a certainement dû être difficile pour Thomas Mulcair. Le NPD, pour qui les espoirs de gouverner semblaient, pour la première fois de son histoire, bien réels, a vu ses appuis s’effriter inexorablement de jour en jour, au point d’être relégué au rôle de deuxième parti d’opposition. Cette chute s’explique par deux aspects majeurs.

D’une part, à force de vouloir recentrer son parti sur l’échiquier idéologique gauche-droite, Thomas Mulcair en est venu à délaisser partiellement les bases progressistes du parti fondé par Tommy Douglas, ce qui n’a certainement pas plu aux militants néo-démocrates. D’autre part, « l’enjeu » du niqab est venu exacerber de façon très nette la fragilité du vote néo-démocrate, particulièrement au Québec où le parti est, rappelons-le, très peu enraciné. En ce qui concerne l’Ontario, le peu d’appuis au NPD est directement lié au cauchemar collectif du gouvernement provincial néo-démocrate de Bob Rae, en 1990.

Le Bloc de retour en force… ou presque

            Difficile de tirer son épingle du jeu lorsqu’on est un parti qui n’aspire pas aux grands honneurs. Imaginez lorsque ce parti ne possède qu’une dizaine de députés et qu’il fait face à un gouvernement majoritaire, de surcroît! Ainsi, le résultat est mitigé pour le Bloc québécois; évidemment, ils ont fait mieux que leur performance de 4 élus en 2011, mais ils n’auront tout de même pas assez de députés pour être reconnus comme un parti officiel à Ottawa. Je lève tout de même mon chapeau au chef défait dans sa propre circonscription, Gilles Duceppe. En accord ou non avec le politicien, il faut respecter le courage ainsi que les convictions de l’homme.

            Le mot de la fin appartient au Parti vert : une seule élue, la chef Élizabeth May. Il faut voir les choses d’un bon œil; peu d’éléments de discorde lors des caucus!

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