Le marathon électoral tire à sa fin

CHRONIQUE POLITIQUE

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Anthony Delisle         adeli013@uottawa.ca

Après plus de neuf ans de règne du Parti conservateur, le Canada se trouve aujourd’hui empêtré dans la plus longue campagne électorale de son histoire. L’issue du scrutin s’annonce incertaine; bien malin est celui qui pourra prédire lequel des trois partis fédéraux principaux (Parti conservateur, Nouveau Parti démocratique, Parti libéral) sera aux commandes du pays après le dépouillement des votes. Lors de cette campagne, l’économie semble être au cœur des préoccupations des citoyens et des discours des chefs politiques. Voici donc les principaux engagements économiques des trois partis aspirant légitimement aux grands honneurs.

 

Justin Trudeau, le dépensier

Le plan économique de Justin Trudeau diffère grandement de ses adversaires. Alors que le PIB stagne et que peu d’emplois sont créés, le chef libéral compte investir massivement dans l’économie en consacrant 125 milliards de dollars en infrastructures. Ce montant colossal serait étalé sur une dizaine d’années. De plus, Justin Trudeau compte diminuer les impôts de la « classe moyenne » de 22% à 20,5%. Cette mesure serait en partie financée par une hausse des impôts des « riches », soit les contribuables ayant un revenu supérieur à 200 000$. Le fils du défunt Pierre-Elliott Trudeau promet également de diminuer le taux d’imposition des petites et moyennes entreprises (PME) en les faisant passer de 11% à 9%.

Cependant, tenter d’obtenir le beurre et l’argent du beurre a un coût : contrairement à ses homologues, Justin Trudeau ne sera pas en mesure d’équilibrer ses 3 premiers budgets à la tête du pays. Ceux-ci seraient déficitaires d’environ 10 milliards de dollars chaque année. Il se défend tant bien que mal en précisant que l’économie canadienne a besoin d’un coup de pouce et que les taux d’intérêts, étant très bas, minimisent l’ampleur d’une telle annonce. Bref, quand il faut, il faut!

 

Thomas Mulcair, l’audacieux

Le NPD pourrait réaliser un grand coup le 19 octobre. Pour la première fois de son histoire, le parti du défunt Jack Layton pourrait être à la tête du pays, alors qu’il avait moins de 30 députés en 2006. Le plan économique de Thomas Mulcair est extrêmement audacieux, pour ne pas dire presqu’impossible à atteindre: alors que le parti prévoit mettre sur pied une kyrielle de mesures sociales, le chef néo-démocrate s’est engagé à écrire son premier budget à l’encre noire. Parmi ces mesures, citons notamment l’implantation d’un million de places en garderies à 15$ d’ici 8 ans. De plus, le NPD réduirait lui aussi le taux d’imposition des PME de 11% à 9%.

Afin de pallier aux pertes de revenus engendrées par ces promesses, le NPD augmenterait les impôts des grandes entreprises de 15% à 17%. C’est un couteau à double tranchant : une telle mesure pourrait, selon plusieurs économistes, provoquer des pertes d’emplois, car les entreprises chercheraient à compenser cette hausse d’impôts en coupant dans leur masse salariale. Malgré le dévoilement de son cadre financier au cours de la campagne électorale, des manœuvres d’acrobatie sont à prévoir pour « Tom » afin qu’il puisse équilibrer son premier budget aux communes.

 

Stephen Harper, le … conservateur

Stephen Harper joue gros lors de cette élection. Pour lui, c’est fort probablement un quitte ou double : si son parti ne forme pas le gouvernement après le dépouillement des votes, les chances sont minimes de le voir demeurer dans l’opposition. Son programme économique comporte bien peu de surprises : bref, la bonne vieille recette conservatrice! L’objectif demeure de ne pas alourdir le fardeau fiscal des Canadiens en plus d’exercer une gestion serrée des finances publiques, et surtout, de la colonne des dépenses. Il promet malgré tout divers crédits d’impôts, notamment pour les rénovations domiciliaires ainsi que pour les aînés célibataires. Il compte également, comme ses adversaires, diminuer l’impôt des PME de 11% à 9% sur un échéancier de 4 ans.

Les promesses conservatrices sont, et de loin, moins coûteuses que celles de Mulcair et Trudeau, ce qui permet à Stephen Harper d’affirmer que son premier budget sera équilibré. En martelant que nous sommes dans un climat d’instabilité économique mondiale, le chef conservateur espère contrer le désir de changement provenant d’une grande partie de l’électorat canadien et l’usure naturelle du pouvoir. Comme disent les anglophones, « better the devil you know than the devil you don’t » !

En terminant, il est primordial de souligner que moins de 40% des jeunes ont voté aux dernières élections fédérales, un taux nettement inférieur aux autres catégories d’âge. Étudiants, faites entendre votre voix le 19 octobre prochain!

Oct - Anthony Delisle - Chronique politique

Photo : Sean Kilpatrick, Presse canadienne

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